Un peu de théorie

Un peu de Théorie

Le concept de la zoothérapie intégrative, est basé sur divers théories, dont quelques un ci-dessous.

Publication de ce concept:

Docteur Molie, Regula Fehr, in Galli Carminatt G. et al. (2018) Le petit bonheur, transhumances psychiques

Troubles relationnels et du comportement

Le principal handicap des enfants avec des troubles du comportement est leur difficulté à lire et à interpréter les codes et la signification des interactions relationnelles. Un entraînement avec chien augmente les compétences relationnelles et mieux comprendre les codes sociaux.

Le chien est un professeur idéal dans ce domaine. Un enfant qui attend quelque chose d’un chien, doit d’abord l’observer, comprendre ce qui le motive et établir un réel contact. Des comportements comme crier et se fâcher sont rapidement mis de côté. Contre-productifs, ils éloignent le chien. Par contre, le flatter, jouer, parler calmement sont des attitudes rapidement acquises.

Les jeunes apprennent à dépasser leur schémas de rejet, grâce au lien avec l’animal, et augmentent :

  • l’image positive de soi
  • la confiance en soi et envers les autres
  • la compréhension des codes sociaux
  • la concentration

Une éducation favorable doit être :

  • chaleureuse et respectueuse
  • empathique
  • authentique
  • encourageante
  • non directive

L’exigence est énorme pour l’éducateur ou le thérapeute. Comment peut-on approcher un enfant qui ne se livre pas, refusant toute aide? Le chien libère l’accompagnant du rôle désavantageux d’éducateur ou de thérapeute et le métamorphose en ami des chiens, ce qui amorce une ouverture. C’est un fait que les chiens répondent aux exigences d’une éducation favorable.

Le triple plaisir est le principe moteur des exercices : pour le chien, les jeunes et l’entraîneur, ce qui incite à être attentif à l’autre.

Attachement aux animaux

« Une relation avec un animal permet de dépasser un schéma de retrait et de refus d’aide,  offrant ainsi au zoothérapeute l’ouverture nécessaire pour instaurer un lien. »

La qualité du lien parents-enfants est primordial pour le développement social, émotionnel et cognitif.

L’ocytocine, « l’hormone du bonheur et de l’attachement », est en jeu dans le processus d’attachement entre parents et enfant.  Un enfant avec un attachement sécurisé, produit de l’ocytocine en  présence de ses parents. Cette hormone essentielle au lien affectif et au développement, augmente la confiance aux autres et facilite l’apprentissage. Elle réduit le stress, l’anxiété et les comportements agressifs.  Cependant, un enfant qui ne sait pas, s’il peut compter sur ses parents se construit sur un schéma d’attachement insécure. Il instaure un schéma de rejet et refus. Ce comportement de retrait se généralise avec toute personne en charge de soins.

On peut donc comprendre la difficulté et le défi que représente la prise en charge, les soins d’enfants et jeunes perturbés et en souffrance.

Des études ont montré qu’un enfant, même avec un schéma d’attachement insécurisé, peut libérer de l’ocytocine dans une relation positive avec un animal, ce qui empêche la réaction de retrait. En Zoothérapie, une personne qui se met en lien avec un animal, n’est plus en opposition. Il offre ainsi au thérapeute, éducateur et enseignant l’ouverture nécessaire pour établir une confiance et instaurer un lien (Julius et al, 2014).

Des enfants et des chiens

Guidé en priorité par la recherche du plaisir et du jeu, les enfants et les chiens partagent une même dynamique de vie, avec des similitudes au niveau des motivations et des émotions. Ils jouent, se baladent, explorent sans but précis en suivant leurs envies, veulent plaire, et peuvent user de comportements agressifs pour se faire comprendre. Chiens et enfants ont cette curiosité qui les pousse pour explorer le monde, faire la connaissance de l’autre. Ils ont le goût des rapports sociaux, le plaisir du contact. 

Théories de l’éducation

En m’immergeant dans les théories d’éducation du chien, j’ai été étonné des similitudes avec celles de l’éducation de l’enfant. J’ai même découvert que la plupart des théories sont d’abord né par l’étude des animaux, et ont été appliqué et généralisé aux humains par la suite, tel que le behaviorisme, l’approche cognitive et l’éducation centrée sur le lien.

Approches d’éducation du chien et méthodes d’éducation de l’humain, montrent beaucoup de similitudes, avec des points en commun :

  • le lien
  • le renforcement des émotions positives
  • l’écoute des besoins 
  • un cadre de référence et un langage clair

Chien et humain, une co-évolution gagnante?

Qui dit « chien », dit « évolution et domestication». Depuis des millénaires s’est développé cette longue relation enter-espèce entre chien et humain.

Les chiens auront-ils permis à l’humanité de devenir ce qu’elle est, les libérant de certaines tâches, les secondant par le développement de leurs compétences : une ouïe fine pour la garde, un odorat puissant pour la traque ? Les chiens ont-ils fait office de chaufferette et de gardien par les nuits froides, autorisant l’humain à bénéficier pleinement de toutes les phases du sommeil favorisant son évolution et le développement de son intelligence ? Le fait de vivre dans la même niche écologique amène des adaptations entre les deux espèces, rapproche les uns des autres au niveau comportemental, même s’ils sont génétiquement éloignés.

Notre inconscient a t-il gardé la trace de cette longue amitié inter espèce, faisant écho à notre nature profonde, nous reliant à nos émotions et motivations.